Voir l’effervescence de jeunes pratiques, solidaires et alternatives, qui empruntent à la vieille autogestion, est un vrai plaisir. Qu’elles soient modestes ou structurées, elles se soucient du partage des responsabilités et de l’autonomie des participants dans l’espace collectif.
Pourtant elles ne se revendiquent pas de l’autogestion. Ce terme ne laisse pas indifférent, tant il est chargé de représentations contradictoires. Il y a ceux, minoritaires, qui ont connu le bouillonnement des années 70, l’autogestion municipale, les entreprises sous contrôle ouvrier...
Il y en a d’autres, majoritaires, qui n’ont pas connu cet âge d’or, pour qui l’autogestion peut renvoyer à une idéologie passéiste, souvent synonyme de désorganisation et d’inefficacité, et, au final, de prise de pouvoir de ceux qui savent manier les discours.
Devant le constat partagé, que l’organisation verticale et hiérarchique est une impasse et que la centralisation du pouvoir conduit à confisquer la souveraineté du peuple au profit d’une oligarchie, beaucoup recherchent d’autres formes d’organisation. Et, ce faisant, remettent au goût du jour des éléments de l’autogestion.
Que met-on derrière la notion d’autogestion ? Quelle était la réalité de l’autogestion dans les années 70, dans les communes comme dans les entreprises ? Y a-t-il, aujourd’hui, une résurgence du fait autogestionnaire, sans en porter vraiment le nom ? Quel contexte social et politique favorise l’émergence de l’autogestion ?
La crise de la démocratie et les inégalités immenses d’un côté, le développement d’initiatives solidaires de l’autre côté, constituent-ils un terrain propice aux pratiques autogérées ? Quels signes politiques faut-il y voir ?
En présence de :
Franck Georgi, historien au Centre d’Histoire Sociale, spécialiste de l’autogestion
Serge Depaquit, vice-président de l’Adels, ancien secrétaire général du PSU
Benoit Borrits, économiste, spécialiste des finances solidaires et de l’autogestion dans l’économie.
L’Equitable Café 2007